Les volontaires de La DCC, appelés et envoyés

Guillaume NICOLAS, Délégué général de la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC).

Au début de ce mois d’octobre, mois missionnaire pour l’Eglise, Guillaume Nicolas, Délégué général de la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC), fait le point sur le volontariat en Eglise en pleine relance, après le plus fort de la pandémie de Covid-19 : une centaine de missions sont à pourvoir dans le monde !

Comment la pandémie a-t-elle impacté les partenaires de La DCC ?

La DCC est le service du volontariat de solidarité internationale de l’Eglise en France, c’est-à-dire des diocèses, des congrégations religieuses et des mouvements et services d’Eglise et naturellement avant tout, pour toute personne qui le souhaite. Sa mission est de contribuer au développement auprès des populations les plus démunies par le volontariat et de contribuer ainsi à la mission universelle de l’Eglise. La crise sanitaire a très fortement impacté les projets de nos partenaires locaux. D’une part, l’arrêt de la mobilité internationale a empêché l’arrivée des volontaires sur le terrain pour intervenir dans les projets. D’autre part, les pays du sud, ont subi un sévère contrecoup économique et social, suite aux diverses restrictions. Les plus démunis sont toujours les premiers touchés. Nous ne savons pas encore mesurer précisément l’impact à long terme chez nos partenaires, mais on peut déjà dire que la pandémie n’a pas arrangé la situation…

Et pour les volontaires, comment cela s’est-il passé ?

En mars 2020, la DCC s’est mobilisée très tôt, avant même que soient posées les règles du confinement. Nous avons rapatrié en quelques semaines 90 volontaires sur les 250 présents sur le terrain. Plus aucun envoi n’a eu lieu pendant 7 mois. Cela a été très dur pour des volontaires qui attendaient leur départ en mission et qui, pour certains, avaient quitté travail, logement, voire déscolarisé leurs enfants… De l’autre côté, les volontaires restés en mission étaient coupés du monde, dans un contexte assez anxiogène à l’époque. D’autres, pour des raisons de sécurité sanitaire, ont dû rentrer précipitamment, en sautant dans le dernier avion… Nous avons accompagné toutes ces situations. Nous avons renforcé notre cellule d’accompagnement de crise avec des bénévoles, tous professionnels formés, issus du monde psy, du coaching et de l’accompagnement spirituel, afin de répondre aux situations qui le nécessitaient. Notre fierté est tout de même d’avoir pu maintenir toujours une centaine de volontaires sur le terrain, signe fort de notre solidarité avec les populations locales.

Aujourd’hui, peut-on repartir en volontariat ?

Les envois en mission ont repris progressivement depuis octobre 2020. Les conditions restent contraignantes et très variables ; ce qui demande une forte mobilisation des équipes salariées et bénévoles de la DCC pour s’adapter dans tous les domaines et profiter de toutes les opportunités. Par exemple, la formation des futurs volontaires a été complètement revue pour continuer la préparation à distance, puis revenir au présentiel. Nous avons beaucoup appris et innové.

Nous travaillons également étroitement avec nos interlocuteurs du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Avec d’autres organisations, la DCC a donné beaucoup de son temps pour faire évoluer au mieux des règles qui profitent ensuite à tous les organismes d’envoi de volontaires.

Aujourd’hui nous comptons un peu plus de 120 volontaires sur le terrain. Nous avons formé 70 nouveaux volontaires en juillet, et la plupart sont sur le terrain maintenant. Fin octobre, nous aurons un nouveau groupe d’une trentaine de futurs volontaires qui se prépareront au départ. Les partenaires locaux sont très en attente de l’arrivée d’un volontaire. La DCC est toujours sollicitée et nous faisons tout pour intensifier notre présence. Nous recherchons, par exemple, un accompagnateur de vie au Liban auprès de personnes en situation de handicap, des volontaires pour le soutien à l’enseignement de la langue française en Terre Sainte, ou encore des médecins…

Vous dites que la DCC a été innovante ?

Oui, nous avons revu nos façons de travailler, comme bien d’autres organisations, avec davantage de propositions d’information, de formation ou d’accompagnement à distance. Il y a des enseignements intéressants à prendre en compte de la période que nous venons de vivre.

Mais l’innovation dont je veux surtout parler est plus profonde, et elle est liée à notre plan d’orientation 2024. La crise a imposé des temps de réflexions et de questionnements, nous sommes d’ailleurs en train d’animer une large démarche d’écoute qui s’intitule « Nos mondes à écouter », mais citons ici trois orientations :

Renforcer l’accompagnement spirituel des volontaires. Il y a une profonde recherche de sens chez tous les candidats au volontariat. Un tiers de nos volontaires découvrent l’Eglise catholique en partant en mission, d’autres confortent leur foi, et tous en fin d’un stage sont envoyés par l’Eglise. En tant qu’organisme d’Eglise, nous avons un message d’espérance pour tous. Nous voulons faire connaître la Bonne nouvelle et la personne du Christ qui peut venir rejoindre chaque personne dans son itinéraire de volontaire. Concrètement, nous travaillons actuellement à un livret dédié à la dimension spirituelle et à l’expérience de foi. Ceci en lien avec nos formations.

S’ouvrir au volontariat de réciprocité. Le 23 septembre, nous avons accueilli notre troisième promotion de volontaires de réciprocité. C’est une grande joie pour tout le monde ! Ils sont dix-huit volontaires, originaires de cinq pays – Burkina Faso, Equateur, Liban, Paraguay et Philippines. Il y a trois ans, la première promotion en comptait sept. Le volontariat de réciprocité a beaucoup de sens pour La DCC et l’Eglise, parce qu’il permet une vision plus équilibrée des échanges et des besoins. A travers cette posture d’humilité, La DCC et l’Eglise qui est en France disent qu’on a beaucoup à recevoir des étrangers qui viennent chez nous. Ces jeunes sont en mission de solidarité, pas simplement pour découvrir le monde et faire une expérience internationale, ce qui est aussi très important pour eux. C’est une chance qui leur est offerte ainsi qu’à nos partenaires en France.

Mieux répondre aux besoins des partenaires avec l’expérimentation du Volontariat d’échange et de compétences (VEC). Il s’inscrit dans la diversification de nos formes de volontariat. Nos partenaires ont parfois des besoins en compétences très techniques et de manière ponctuelle. Or il existe, en France, des personnes qui n’ont pas la possibilité de partir sur une longue durée mais qui sont prêtes à partager leurs compétences sur un projet court. L’idée est donc de proposer un temps de mission ici, à distance, avec une visite sur le terrain assez courte (3 à 4 semaines, 1 à 2 mois maximum), puis un retour en France pour, à distance, boucler la mission. Construire un site Internet, remettre à plat un système de comptabilité, monter un projet pour le vendre à un bailleur… Nous allons expérimenter cette forme de volontariat cette année. J’invite les personnes qui seraient intéressées, en activité ou retraitée, à nous contacter!

Volontariat de réciprocité, quelques exemples de missions

Au service de l’Arche, les volontaires seront assistants de vie auprès de personnes en situation de handicap. Au Secours catholique – Caritas France, à travers différentes structures très locales, ils participeront à des maraudes, des accueils de jour. Chez « Optim’ism », dans l’esprit de Laudato Si’, ils construiront la transition écologique dans la région de Lorient, en créant de l’emploi dans le maraîchage, la création d’espaces verts, le transport de marchandises, le tri, etc. Avec l’association « Carton Plein », ils participeront à la réinsertion professionnelle de personnes éloignées de l’emploi ou à la rue. Et enfin, La DCC accueille aussi une volontaire pour aider à construire des projets de solidarité !

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