2018 : Prêtres et agents pastoraux venant d’ailleurs

Voici les statistiques de demande de visa pour des agents pastoraux en 2018. Et des commentaires sur ces statistiques.

2018 : Prêtres et agents pastoraux venant d’ailleurs - Participants à la session Echange en 2016

Session Échange. Lisieux, mars 2016

Commentaires généraux

Le nombre de prêtres venant d’ailleurs, euphémisme pour dire étrangers[1], continue d’augmenter en France. La proportion des prêtres étrangers dans le total des prêtres actifs en France augmente encore plus rapidement, vu l’âge moyen des prêtres français et leur diminution en nombre.

On note en 2018 une stabilisation de la venue en France des agents pastoraux dans toute leur diversité : prêtres séculiers (appelés fidei donum), religieux, religieuses surtout, et laïcs.

Préalables méthodologiques : il n’existe pas de statistiques précises sur ces sujets. L’Église de France n’est pas centralisée, il n’existe pas de bureau central du clergé ! Le clergé est géré au plan des diocèses. Les statistiques qui sont présentées ici se fondent sur le nombre de visas délivrés pour l’entrée des agents pastoraux en France. Mais il n’existe pas de statistiques précises sur les départs de France. En conséquence, on peut donner des statistiques sur les entrées nouvelles en France, mais plus difficilement sur le « stock » de prêtres étrangers en France, puisque nos statistiques portent sur des flux. Flux d’entrée, mais le flux de sortie est inconnu. De plus, les ressortissants de l’Union européenne n’ont pas besoin de visa, ils échappent donc à ces statistiques. Or les prêtres polonais et italiens en service en France sont assez nombreux.

La montée des visas court séjour correspond au phénomène des prêtres étrangers qui viennent pour un remplacement l’été. Mais il y a aussi ceux qui viennent pour participer à un évènement de leur congrégation (chapitre, etc) ou un évènement ecclésial.

Les statistiques présentées ici concernent l’année civile 2018. En 2018, 3788 demandes de visa ont été effectuées pour un agent pastoral (contre 3745 en 2017). 1142 pour un long séjour (968 en 2016, 952 en 2017). 2646 pour un court séjour (contre 2932 en 2016, 2788 en 2017). Au bénéfice de 1171 prêtres (contre 1257 en 2016 et 1183 en 2017), 1562 religieuses (1533 en 2016, 1513 en 2017), de 114 religieux non-prêtres (contre 121 en 2016 et 136 en 2017), de 927 laïcs (contre 997 en 2016, 911 en 2017).

La conclusion est que nous assistons à une stabilisation des demandes de visas. 2016 a été une année exceptionnelle à cause des Journées Mondiales de la Jeunesse de Cracovie : de nombreuses personnes, prêtres, groupes de jeunes jumelés avec une institution ou paroisse française ont passé par la France avant de se rendre ensemble à Cracovie. En 2017 et 2018, on reviendrait à un régime « normal », de croisière.

Conclusions : malgré l’incertitude concernant les statistiques, on retiendra des ordres de grandeur et des évolutions :
1-  Il y a environ 5000 prêtres français de moins de 75 ans, donc « prêtres actifs ». Et en outre, plus de 2000 prêtres venant d’ailleurs en mission pastorale en France. Ces PVA constituent donc environ un tiers de l’ensemble des prêtres actifs qui sont 7000.
2- Il y a eu en France en 2018 environ 100 ordinations de prêtres venus de France. Et 200 prêtres venus d’ailleurs. Si l’on prolonge ce rythme d’arrivée de « nouveaux prêtres » en France, il y aura clairement une modification du visage du presbyterium au bout de quelques années.
3- Ces PVA viennent toujours majoritairement d’Afrique (les deux tiers), mais les autres continents augmentent : Inde, Viet Nam, Amérique latine…
4- Les agents pastoraux venus d’ailleurs sont aussi des religieuses, et de plus en plus des laïcs.
5- Le phénomène des agents pastoraux venus d’ailleurs continue d’augmenter. Il y a un palier c’est-à-dire une stabilisation dans le nombre des entrées. Mais en proportion, les prêtres et religieuses venus d’ailleurs voient leur proportion augmenter, à cause de la diminution du nombre de prêtres et religieuses français.
6- Ces statistiques ne permettent pas de saisir un phénomène que l’on pressent : la venue de jeunes, qui entrent au séminaire ou au noviciat en France, font tout ou partie de leurs études en France, et pour les prêtres, se feront incardiner en France. On peut se souvenir que 25% des séminaristes en formation en France sont des étrangers (qui ne resteront pas toujours des étrangers à cause des naturalisations). Au moment de l’ordination ou des vœux, ils et elles ne seront plus des étrangers, en tout cas pas des PVA. Ils et elles n’auront plus besoin de visas. Et échappent donc à ces statistiques fondées sur les demandes de visa.

Antoine Sondag
février 2019

Évolution des demandes de visa ces dernières années

Visa long séjour.
On peut penser qu’il s’agit là de personnes –prêtres ou religieuses- qui viennent en mission pastorale en France.
550 en 2009. 566 en 2010. 708 en 2011. 779 en 2012. 898 en 2013. 898 en 2014. 956 en 2015. 968 en 2016. 952 en 2017 et 1142 en 2018.
On constate une progression constante des entrées de personnel pastoral en France sur la longue période.

Origine des personnes en mission pastorale.
L’Afrique compte pour environ 66% des demandes de visa, mais l’Asie et l’Amérique latine voient leurs chiffres augmenter. Les chiffres confirment l’impression de sens commun : « les Indiens et les Vietnamiens sont de plus en plus nombreux ».
Les nationalités les plus répandues parmi les demandeurs de visa en 2018 : le Congo RD, le Burkina Faso, Madagascar, le Viet Nam, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, …
Commentaire : l’Afrique reste le pourvoyeur le plus important, mais l’Inde et le Viet Nam augmentent fortement. Lorsqu’on évoque l’Afrique, on ne pense pas immédiatement à Madagascar, mais plutôt à l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale.

Quels sont les diocèses de France les plus demandeurs ?
En 2018 : Albi, La Rochelle, Lyon, Montauban, Nantes, Toulouse avaient accueilli plus de 6 prêtres.
La géographie des diocèses demandeurs ne recouvre pas la géographie de la pauvreté en prêtres de la France. Au contraire, il semble bien que beaucoup de prêtres étrangers se dirigent vers les diocèses déjà les mieux pourvus en prêtres.

Évolution des visas court séjour
1512 en 2011. 1888 en 2012. 1993 en 2013. 2135 en 2014. 2517 en 2015. 2932 en 2016. 2788 en 2017. Et 2646 en 2018.
L’interprétation de ces chiffres est plus délicate, car les demandes de visa court séjour recouvre des réalités diverses, y compris la conséquence du « bas coût » relatif du voyage en avion qui permet plus facilement d’organiser des rassemblements internationaux.

On constate un effet palier à partir de 2017. Faut-il en conclure que 2016 a été exceptionnel à cause des JMJ ? Et en 2017 et 2018, on revient à des chiffres « normaux »?
La majorité des visas court séjour sont demandés pour un remplacement d’été pour un prêtre. Il y a aussi des manifestations internes à de nombreuses congrégations religieuses. Le nombre croissant des laïcs recouvre également des réalités diverses. En 2016, avec les JMJ, ce chiffre était élevé avec le nombre important de groupes de jeunes (donc des laïcs !) venus en France visiter un partenaire avant de partir ensemble pour les JMJ (le visa Schengen facilite ce type de voyage/pèlerinage…).

Antoine Sondag
(statistiques établies par Alix de Rosamel, SNMUE)

[1] L’habitude veut qu’on dise prêtres venant d’ailleurs (PVA) et non prêtres étrangers. Personne n’est étranger dans l’Eglise. De plus en français d’Afrique, le mot étranger a une connotation plutôt négative, comme si on rejetait la personne. Prêtre étranger, cela peut être une catégorie de l’administration. Ailleurs on dira PVA.

Chiffres 2018 Cellule Accueil  Demande de visas

3788 (contre 3745 en 2017) personnes ont été accompagnées en 2018 dans leur demande de visa. Tous types de personnes confondus, tous types de visas.

On mettra en exergue les visas suivants :

Visiteur long séjour : 1142 dont 207 prêtres diocésains pour les diocèses de France. Cela signifie que 207 prêtres diocésains sont venus en mission pastorale en France en 2017 pour une durée longue (prêtres fidei donum). Ce chiffre ne comprend pas les prêtres étudiants ni les prêtres venus en remplacement d’été, ni les prêtres religieux venus avec un visa long séjour (qui sont 100 en 2018).
Et il y a (environ) 476 religieuses qui sont venues pour une mission pastorale en France, pour une durée longue.

Ventilation des statistiques :

– par continent :
Afrique : 2448 soit 66% du total
Asie : 938 soit 25 % du total
Amérique : 369 soit 9,7% du total
Europe : 19
Océanie :  14

– par statut :
Sœurs : 1562
Frères : 114
Pères : 1172
Evêques : 8
Laïcs hommes : 410
Laïcs femmes :  517

Diocèse d’accueil pour les prêtres en long séjour :

De 1 à 5 : (33 diocèses) Aire et Dax, Agen, Ajaccio, Amiens, Angers, Angoulême, Annecy, Arras, Avignon, Bayeux, Cayenne, , Bayonne, Beauvais, Belfort, Belley Ars, Blois, Cambrai,  Carcassonne, Clermont, Chalon, Chambéry, Chartres, Clermont-Ferrand, Coutances, Créteil, Digne, Dijon,  Evreux , Évry, Fréjus, Gap, Grenoble, Laval, Le Havre, Le Mans, Lille, Limoges, Marseille, Meaux, Metz, Nevers, Nice, Nîmes,  Pamiers, Paris, Périgueux, Poitiers, Pontoise, Quimper, Le Puy en Velay, Reims, Rodez, Rouen, Saint Claude, Saint Denis, Saint Denis de la Réunion, Saint Dié, Saint Etienne, Sens, Soissons, Strasbourg, Tarbes/Lourdes, Vannes, Verdun, Viviers.
De 6 à 10 : Albi, La Rochelle, Lyon, Montauban, Nantes, Toulouse

Diocèses d’accueil Prêtres en court séjour :

De 1 à 5 : Angoulême, Arras, Avignon, Belfort, Blois, Cambrai, Chartres, Chalons, Clermont, Dignes, Dijon, Evry, Gap-Embrun, le Havre, Luçon, Meaux, Mende, Montauban, Montpelliers, Moulins, Nevers, Nice, Orléans, Pamiers, Périgueux et Sarlat, Pontoise, Rodez, Rouen, St Flour, St Claude, St Dié, Sens, Soissons, Tarbes et Lourdes, Troyes, Valence, Verdun,
De 6 à 10 : Agen, Ajaccio, Albi, Annecy, Bayeux Lisieux, Bayonne, Beauvais, Bourges, Cahors, Carcassonne-Narbonne, Chambéry, Créteil, Grenoble-Vienne, La Rochelle, Limoges, Lyon, Nantes, Perpignan, Poitiers, St Denis de la Réunion, Séez, Vannes,
De 11 à 15 : Aix et Arles, Belley-Ars, Bordeaux, Evreux, Fréjus-Toulon, Lille, Metz, Nîmes, Quimper, St Brieuc, St Denis en France, Toulouse,
De 16 à 20 : Angers (18), Coutances-Avranches (16), Nanterre (17),
Plus de 20 : 30 à Paris, 23 à Rennes, 38 à Strasbourg, 25 à Versailles

Les statistiques sont à prendre avec précaution. L’indication de chiffres avec des unités laisse entendre que les statistiques sont précises. Il n’en est rien. Ces chiffres sont plutôt des ordres de grandeur. Les prêtres sont gérés au plan diocésain. Et non pas au plan national. Il n’existe pas de bureau national central de placement ou de gestion des prêtres diocésains.