Une visitation dans le diocèse de Bondoukou

Du 6 au 15 janvier, Monseigneur Dognin, évêque du diocèse de Quimper et Léon, et président de la Commission épiscopale pour la Mission Universelle de l’Église, accompagné de six prêtres et de six laïcs de son diocèse, s’est rendu en Côte-d’Ivoire pour visiter le diocèse de Bondoukou.

Côte d'Ivoire. Bondoukou - Quimper

La délégation finistérienne a rendu visite au diocèse de Bondoukou, en Côte-d’Ivoire, pour des rencontres placées sous le signe de l’amitié et de la fraternité pour renforcer les liens qui unissent les deux diocèses. Pendant une semaine, la délégation est allée à la rencontre de celles et ceux qui forment l’Église locale. « Qu’il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis » (Psaume 133, 1). Tel est le thème pastoral d’année pour le diocèse de Bondoukou. « Depuis une dizaine d’années, le diocèse de Bondoukou met à disposition du diocèse de Quimper et Léon un certain nombre de prêtres fidei donum. Aujourd’hui, quatre sont présents dans le diocèse. Nous avons pensé qu’il fallait aller plus loin dans la relation, qui semblait se limiter à l’envoi de prêtres, et vivre une amitié plus profonde et des échanges, prier les uns pour les autres. Cette relation entre nos diocèses peut renforcer notre mission commune, à savoir annoncer l’Évangile aujourd’hui. Nous avons découvert, dans le diocèse de Bondoukou, des réalités qui sont différentes des nôtres mais qui nous font réfléchir à ce que nous vivons. En particulier à propos des paroisses, parce que celles dans le monde rural ressemblent aux nôtres. Un centre et des villages tout autour, parfois assez éloignés. La messe n’est pas célébrée tous les dimanches dans chaque village, parfois, il y a la célébration de la Parole. Il y a des catéchistes qui correspondent aux délégués pastoraux. Même si nous n’avons pas les mêmes histoires, nous essayons de rejoindre les gens pour annoncer l’Évangile. Dans un jumelage, nous essayons d’avoir des intentions de prière les uns pour les autres. Il est important également de nous connaître mutuellement. Il est intéressant de connaître le quotidien des prêtres dans ce diocèse. Cela permet de mettre au point une formation pour les fidei donum qui arrivent chez nous, mise en place par des prêtres qui viennent du même pays. »

La principale particularité du diocèse de Bondoukou est sa jeunesse. Érigé en 1987 par saint Jean-Paul II, il se situe au Nord-Est de la Côte-d’Ivoire. Aujourd’hui, il compte plus de 180 000 baptisés, 29 paroisses sur 7 doyennés, 105 prêtres diocésains, un prêtre fidei donum et 31 séminaristes… (lire davantage sur le site du diocèse).

Au programme de cette visitation la visite de quelques paroisses dans Bondoukou et trois paroisses dans la campagne environnante. « Nous avons visité les paroisses de ville, y compris celles en construction, explique Mgr Dognin. Ils construisent des églises et je suis frappé par le courage et l’audace dont ils font preuve alors qu’ils ont peu de moyens pour se lancer dans 2 des constructions pour annoncer l’Évangile au plus près des gens. Les communautés villageoises nous ont fait découvrir une autre réalité. Elles sont desservies par les prêtres de ville qui y vont de temps en temps pour célébrer les sacrements. Cela nous permet de comprendre comment fonctionnent les paroisses villageoises avec un catéchiste, qui est responsable de la communauté et l’anime. »

« Nous avons vécu beaucoup de joie et d’émotions lors des visites des communautés villageoises de Pambasso, Montamo et Tefroh » confie Dominique de la Villéon, déléguée diocésaine aux pèlerinages.

Présentation des Communautés visitées

Père Bertin, fidei donum à la paroisse Brest SainteTrinité. « Je suis touché par celles et ceux qui ont rendu visite à nos parents, nos communautés en Côte-d’Ivoire. Ils ont découvert les réalités de notre diocèse et de l’Afrique. L’intégration a été facile, la délégation s’est mêlée aux assemblées. Nous avons beaucoup échangé. Cette première expérience de visitation est réussie et nous souhaitons que cela se répète pour renforcer l’amitié qui lie les deux diocèses. »

Père Yves Tano, fidei donum à la paroisse Quimper – Saint-Corentin. « Ce pèlerinage — visitation a été intense et fort car avec tous les Finistériens, nous avons eu [‘occasion de vivre une véritable immersion dans le diocèse de Bondoukou. Nous avons été au contact des réalités, des populations locales dans [es villages et en ville. Toutes les personnes ont été contentes de nous accueillir, de partager des moments avec nous. Ce qui se vit au niveau culture/ dans le Finistère n’est pas ce qui se vit à Bondoukou. Cela a permis aux chrétiens qui ont vécu et vu cette semaine de comprendre davantage certaines manières de faire de prêtres qui viennent d’ailleurs. Ça a été un grand moment de communion spirituelle car nous avons eu l’occasion de célébrer chaque jour [‘eucharistie avec les communautés chrétiennes que nous avons rencontrées. Pour nous, pèlerins, cela a été une démarche de visitation de lieux culturels, historiques, spirituels. Cette visitation s’inscrit dans le cadre du jumelage entre nos deux diocèses, celui de Bondoukou et de Quimper et Léon. Depuis une dizaine d’années, des liens se sont tissés et ils se sont matérialisés par la présence de prêtres fidei donum dans le Finistère. Le renouvellement de la signature de cette convention de jumelage au COUS de ce pèlerinage a redit l’importance de se visiter. C’est pour cela que Mgr Dognin a initié ce pèlerinage, i/ a pu saluer le nouvel évêque de Bondoukou. »

Article paru dans “Église en Finistère”
Janvier 2020

Témoignage de Mgr Malle, évêque de Gap et Embrun, de retour du Bénin, pour un voyage exploratoire pour un jumelage : "Je rentre d’un voyage en Afrique, au Bénin, avec une délégation du diocèse de Gap. Un voyage exploratoire pour un éventuel jumelage du diocèse avec le diocèse de Dassa et du sanctuaire ND du Laus avec le sanctuaire ND d’Arigbo.
J’y allai à la fois enthousiaste et prudent. J’en suis revenu transformé.
Enthousiaste, car avant d’entrer au séminaire, je travaillais en mairie; et j’ai vu se monter le comité de jumelage avec une ville allemande. Quel bienfait, quelles découvertes par ces voyages mutuels.
Enthousiaste, car la congrégation pour l’évangélisation des peuples m’avait conseillé de faire cela plutôt que d’accueillir des prêtres venus d’Afrique d’une manière individuelle.
Enthousiaste car tous les papes depuis Pie XII ont favorisés la rencontre entre diocèses. Ainsi JPII dans Christifideles laici au numéro 35: « En un monde qui devient toujours plus petit, les communautés ecclésiales doivent s’unir entre elles, échanger leurs énergies et leurs moyens, s’engager ensemble dans l’unique et commune mission d’annoncer et de vivre l’Evangile. Les jeunes Eglises ont besoin de la force des Eglises anciennes, et en même temps celles-ci ont besoin du témoignage et de l’impulsion des jeunes Eglises, de sorte que chacune de ces Eglises puise aux richesses des autres ».
Prudent, car je ne connais rien à l’Afrique, j’avais peur qu’on pense que je venais en riche pour distribuer des euros, que je n’ai d’ailleurs pas ; même si nous sommes des milliers de fois plus fortunés que les chrétiens africains.
Et bien j’en suis revenu transformé.D’abord un sentiment très fort de nous retrouver en famille. Au Bénin, nous sommes étrangers dans le pays, mais chez nous en Eglise. Une belle et forte fraternité épiscopale est née avec l’évêque.
Mais c’est aussi le choc de la pauvreté. Ce ne sont pas des quartiers pauvres,  c’est tout un pays pauvre et quelques rares quartiers riches de hauts fonctionnaires et expatriés.
Le choc d’une expression de la foi si joyeuse. Lors d’une messe le soir, à 19h dans une église en construction, après la communion le curé lance un chant d’action de grâce. Et c’est une louange à réveiller les morts, pour tout le monde, anciens et petits enfants. Le psaume 30 dit justement : “ton amour me fait danser de joie “
Enfin c’est le choc d’un pays jeune. Des enfants partout. Quel accueil j’ai reçu dans les écoles catholiques visitées ! Revenu à Gap, on cherche les enfants dans nos rues.
Chers auditeurs, l’espérance est en Afrique, alors qu’elle nous a quitté. Pourtant ils sont pauvres, mais riches de leur jeunesse et de leur foi d’une église en croissance. 
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Le concile Vatican II dans le document ad ventes §38 : Tous les évêques, en tant que membres du corps épiscopal qui succède au collège des Apôtres, ont été consacrés non seulement pour un diocèse déterminé, mais pour le salut du monde entier. (…) De là naît cette communion et coopération entre Églises aujourd’hui si nécessaire pour continuer l’œuvre de l’évangélisation. (…) chacune des Églises porte la sollicitude de toutes les autres ; les Églises se font connaître réciproquement leurs propres besoins ; elles se communiquent mutuellement leurs biens, puisque l’extension du Corps du Christ est la charge du collège épiscopal tout entier."