Cepromar : formation professionnelle au Brésil

Créé en 1970 par le père Jean Lecornu à São Luis de Maranhão, CEPROMAR poursuit aujourd’hui son activité tandis que le père Jean vient de fêter ses 88 ans.

2021.01.04_Cepromar. Enfants beneficiant du projet CepromarLe Maranhão, dont  São Luis est la capitale, est considéré comme l’un des États les plus pauvres du Brésil, voisin du Tocantins et du Pará, dans le nord-est du pays. C’est l’État qui compte la plus grande proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté, les difficultés sont encore plus criantes : 80 % des foyers n’ont pas accès à l’eau courante (contre 30 % en moyenne au Brésil), et vivent souvent en familles nombreuses dans une vingtaine de mètres carrés, se partageant un ou deux matelas pour la famille entière. À cela s’ajoute la précarité de leurs revenus: s’ils ne vont pas au marché, au garage, à la station de bus, ils ne gagnent simplement plus rien et ne peuvent plus s’acheter à manger.

C’est là que l’association CEPROMAR s’est implantée pour proposer éducation et formation professionnelle aux jeunes des favelas de São Luis. Ceci grâce au père Jean Lecornu – Padre João – prêtre du diocèse de Laval envoyé en 1970 dans la paroisse de Fatima, dans un quartier défavorisé de la banlieue de São Luis, qui va chercher à mettre en place des actions visant à l’intégration et l’occupation des jeunes du quartier sans activité. En 1982, Cepromar reçoit la reconnaissance juridique de l’État brésilien, et le père Jean, qui vit toujours à São Luis, est depuis 2011 « citoyen d’honneur » de la ville.

Cepromar propose aux jeunes des formations professionnelles dans des domaines variés, en mécanique, menuiserie, construction, hôtellerie et restauration, pâtisserie, manucure, informatique. Ces formations ont été malheureusement dû être interrompues en raison de la pandémie Covid-19 qui a déjà causé près de 200 000 décès au Brésil et dont São Luis ressent durement les effets. Le Maranhão est l’État du Brésil qui compte la plus grande proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté,  avec des difficultés criantes : 80 % des foyers n’ont pas accès à l’eau courante (30 % en moyenne au Brésil), et vivent souvent en familles nombreuses dans une vingtaine de mètres carrés, se partageant un ou deux matelas pour la famille entière. À cela s’ajoute la précarité de leurs revenus : s’ils ne vont pas au marché, au garage, à la station de bus, ils ne gagnent simplement plus rien et ne peuvent plus s’acheter à manger. Un confinement dans ces conditions est difficile…

L’État du Maranhão a tenté de le forcer dans les favelas en envoyant des patrouilles militaires pour verbaliser les réfractaires. Mais sitôt les patrouilles passées, les habitants ressortent et les magasins ré-ouvrent.

C’est pourquoi, en plus des mesures de prévention contre la propagation du virus, l’État a décidé d’exonérer les populations les plus défavorisées du paiement de l’eau courante, et il a augmenté le nombre de lits d’hôpital.

Le docteur Marcos Adriano Garcia Campos, 25 ans, a grandi au Coroadinho, favela où se trouve Cepromar, et il y vit encore aujourd’hui. Pour renforcer les équipes médicales pendant la pandémie, il a décidé d’avancer le passage de son diplôme de médecine de l’Université Fédérale du Maranhão. Actuellement, il travaille dans deux centres de soins où plus de 150 cas de covid-19 sont confirmés. « Mon rôle, dit-il, n’est pas facile. Dans ces quartiers les plus vulnérables, la question économique est très durement ressentie. Parfois, nous prescrivons un médicament et le patient dit qu’il n’a pas d’argent pour l’acheter parce que cet argent sera utilisé pour acheter de la nourriture, et non des médicaments ».

Cepromar s’est vu contraint à interrompre ses activités pendant plusieurs mois, même si des mesures d’accompagnement, comme la distribution d’aide alimentaire, ont été prises. Mais la période a été difficile pour le Centre, qui a dû licencier une partie du personnel et vendre une partie du terrain.

Depuis septembre, une partie des cours a pu reprendre, dans le respect des gestes sanitaires et la difficulté que représente le manque de moyens en personnel. Ainsi une nouvelle formation, la fabrication de pizzas, a-t-elle été proposée, en même temps que démarraient les inscriptions pour un cours de base d’oléiculture et de maraîchage.

Cepromar fonctionne avec une équipe brésilienne sur place et le soutien indispensable de Cepromar-France. Le père Jean, toujours sur place, reste l’âme du projet. Il a fêté ses 60 ans de sacerdoce en juin, et à cette occasion une messe a été célébrée dans la communauté Shalom, dans laquelle il réside.

Toutes les informations de ce texte sont extraites du bulletin de décembre  2020 de CEPROMAR et du site de l’association.

Annie Josse
Janvier 2021